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Manifeste pour une viticulture durable par Lydia et Claude Bourguignon Biologiste du sol

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Lydia et Claude Bourguignon

Introduction

Les consommateurs demandent à la viticulture de se convertir aux pratiques de la biologie et de la biodynamie afin de produire les vins de grande buvalibilté et de respecter l’environnement. Cette exigence demande de comprendre la difficulté de la conversion en viticulture biologique et biodynamique. Cette difficulté dépend des types de pesticides et des terroirs. Il est donc nécessaire d’aider les viticulteurs lors de cette conversion et de ne pas les enfermer dans des directives non adaptables à toutes les situations et tous les climats.

I.             La suppression des herbicides

 

C’est ce qu’il y a de plus facile à réaliser, car le travail du sol qui a été abandonné dans de nombreux vignobles est non seulement facile à réaliser mais il est de plus indispensable pour relancer la vie des sols et pour faire plonger les racines des vignes. Dans les vignobles à faible densité, on peut enherber entre les rangs et travailler sur le rang.

Il faut d’abord interdire les herbicides en AOC car ces produits ne font pas partie des usages loyaux, locaux et constants.

 

II.            La lutte contre le mildiou et l’oïdium

 

La conversion en biologie et en biodynamie demande d’abandonner les fongicides systémiques et de n’utiliser que des produits de contact qui sont efficaces mais sensibles au lessivage par la pluie. De ce fait, dans les vignobles aux climats  pluvieux comme le Bordelais ou la Champagne, la conversion demande plus de soins et d’attention et peut aboutir, les premières années à des baisses de rendement. Il faut donc soutenir la reconversion.

La viticulture biologique n’utilise que le cuivre, contre le mildiou et le soufre contre l’oïdium. Si ce dernier ne pose pas de problème en biologie, le cuivre lui est actuellement attaqué par des pays comme l’Allemagne, le Danemark et la Hollande. Or si on supprime le cuivre, on risquera la mort de la viticulture biologique et biodynamique. Il faut donc définir des doses non toxiques : 4 kg/ha/an lissés sur 7 ans en sols calcaires, 3 kg/ha/an lissés sur 7 ans en sols acides. Il faut aussi savoir que la vigne vit en symbiose avec des mycorhizes racinaires et que les levures du Terroir entrent dans les baies, via les racines. L’emploi de fongicides systémiques détruit ces symbioses et oblige les vignerons à levurer ce qui est à l’encontre de la notion de Terroir.

Conclusion

La conversion de la viticulture européenne en biologie et en biodynamie doit commencer par l’interdiction des herbicides et l’obligation de travailler le sol ou de l’enherber sur l’interrang et de ne travailler que sur le rang.

Pour la lutte contre le mildiou, à l’aide de produit de contact, le cuivre reste le plus efficace. Les pulvérisateurs modernes permettent de n’apporter que les 4 kg/ha/an lissés sur 7 ans en et à cette dose il n’y a pas d’effet sur l’activité biologique des sols calcaires. Pour les sols acides on descend 3 kg/ha/an lissés sur 7 ans, à condition de permettre aux viticulteurs d’enrayer une attaque à l’aide d’autres composées de contact comme l’eau oxygénée ou le permanganate de potassium.

 

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